Bellota-Bellota, une aventure gustative

Rencontre avec Mickaël Piffard-Besnard Président chez Bellota-Bellota (Groupe Byzance)

LIFESTYLE

Marque française au nom à consonance espagnole, Bellota-Bellota s’est imposée au fil des années comme une référence incontournable du goût ibérique d’exception. Née d’une passion exigeante pour les produits authentiques et le respect du temps, la maison défend une vision sincère de la gastronomie, loin des effets de mode. À travers cet entretien, son président revient sur l’origine de la marque, sa philosophie, son rapport aux chefs, à la consommation responsable et aux lieux qui donnent sens à son développement.

/ Malgré une consonance espagnole, la marque Bellota-Bellota est bien française. Pouvez-vous nous raconter l’origine de ce nom ?

Bellota-Bellota, c’est presque une obsession devenue un nom. Dès le Traité de Maastricht, il a été possible de commercialiser les produits ibériques carnés. Le fondateur de Bellota-Bellota, déjà érudit des produits premium (Caviar, Tarama, Saumon), a été le premier à commercialiser le fameux jambon ibérique dans l’Hexagone et donc le premier à inscrire notre société avec une marque qui est devenue un symbole du gourmet espagnol.

Répéter le mot, c’était une manière d’insister, de dire « ici, on ne triche pas ». La marque est française, mais elle est née d’un coup de foudre pour une culture du goût extrêmement exigeante et illimitée.

« Bellota-Bellota, c’est la mémoire d’un goût que l’on voulait partager, pas juste un logo sur une étagère. »

/ Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont-ils constitué un moment clé pour renforcer la notoriété de la marque ?

Les Jeux ont été un moment très fort pour Paris, et j’en ai surtout retenu une chose : l’attention portée au détail, au beau, au bon mais accessible. Bellota-Bellota n’a jamais cherché à être partout, mais à être juste. Pendant cette période, beaucoup de visiteurs ont découvert nos produits dans les sites olympiques… et s’en sont souvenus.

C’est exactement ce que j’aime : des rencontres plutôt qu’un coup de projecteur artificiel.

/ Comment s’opère la sélection de vos produits ? Quels critères les distinguent des autres offres du marché ?

Nous sélectionnons, ce que nous aimons avoir dans nos assiettes tout en gardant en tête d’avoir une offre la plus accessible possible tant d’un point de vue tarifaire que gustatif; Nous allons voir les producteurs, nous visitons les élevages, nous goûtons, nous discutons et partageons nos attentes sans compter les heures. Si nous ne comprenons pas le produit, son histoire, son rythme, son goût ou son prix alors nous préférons ne pas le prendre.

Ce qui distingue Bellota-Bellota, ce n’est pas la rareté pour la rareté, c’est la sincérité du goût.

« La sincérité du goût est aujourd’hui ce qui distingue les grands produits des simples produits. »

/ La tendance à une consommation réduite de viande a-t-elle un impact sur les ventes de jambon ? Le bien-être animal et la traçabilité font-ils partie de vos arguments majeurs ?

Je trouve très sain que l’on mange moins mais mieux. Le jambon ibérique n’est pas un produit de consommation automatique, c’est un produit de moment. Le bien-être animal et la traçabilité ne sont pas des arguments commerciaux pour moi : ce sont des conditions indispensables. Sans liberté, sans temps, il n’y a pas de grand jambon. C’est valable pour de nombreux autres produits alimentaires et vinicoles.

/ Quelle relation entretenez-vous avec les grands chefs ? Comment ces derniers s’approprient-ils les produits Bellota-Bellota ?

Avec les chefs, il n’y a pas de discours commercial. Il y a du respect. Ils savent que le produit est juste, et ensuite ils en font ce qu’ils veulent. Certains le servent presque nu, d’autres le transforment.

Ce que j’aime, c’est quand le produit reste lisible, identifiable, même dans une création très contemporaine.

/ Combien de comptoirs Bellota-Bellota sont aujourd’hui implantés à travers le monde ?

Je n’ai jamais raisonné en nombre de comptoirs. Je préfère parler de rencontres, de lieux qui ont une âme, de partenaires qui comprennent notre démarche. Bellota-Bellota avance lentement, mais chaque implantation est pensée, choisie, assumée.

/ Le comptoir Bellota-Bellota de La Réunion est-il particulier à vos yeux ?

Oui, énormément. La Réunion est une terre de métissage, de curiosité, de gourmandise. Le projet de La Casa Blanca m’a immédiatement parlé : ce n’est pas un point de vente, c’est un lieu de vie. C’est un lieu magnifique avec une équipe qui l’est tout autant : il a une vraie charge émotionnelle pour moi et pour toute l’équipe Bellota-Bellota.

/ Quels sont vos projets et ambitions pour les prochaines années ?

Rester fidèle à ce qui m’a donné envie de créer Bellota-Bellota. Continuer à défendre le goût vrai, la lenteur, l’origine. Développer la marque, oui, mais sans jamais renoncer à notre liberté de choix.

Je crois profondément qu’aujourd’hui, le vrai luxe, c’est la sincérité. Bellota-Bellota est bien plus qu’une marque : une démarche fondée sur le respect du produit, du producteur et du consommateur. Refusant la précipitation et la standardisation, la maison revendique une croissance maîtrisée, guidée par la sincérité du goût et la qualité des rencontres. Dans un monde en quête de sens, Bellota-Bellota rappelle que le véritable luxe réside dans l’authenticité, le temps et la fidélité à ses valeurs.