Un regard sur la diversité de la scène artistique africaine : Margaux HUILLE

MONDE DE L’ART

Implantée au cœur d’Antananarivo, la Fondation H s’affirme aujourd’hui comme une institution incontournable du paysage artistique contemporain dans la région de l’océan Indien. Sous l’impulsion de sa directrice, Margaux Huille, dont le parcours atypique et la vision ouverte nourrissent le projet, la fondation se donne pour mission de créer des passerelles durables entre Madagascar, le continent africain et les scènes artistiques internationales.

Animée par une profonde passion pour l’art et un engagement constant en faveur de la création contemporaine, Margaux Huille œuvre activement à la mise en lumière des talents émergents, tout en favorisant la circulation des œuvres, des artistes et des idées. Cette rencontre met en lumière une femme engagée, déterminée à inscrire Madagascar dans un dialogue artistique mondial et à faire de la Fondation H un espace de réflexion, d’échange et de découverte.

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Comme souvent dans la vie, il y a eu dans mon parcours une belle part de rencontres ! Très intéressée par la création artistique sur le continent africain, mais sans avoir pensé en faire mon métier, j’ai rencontré un mécène et collectionneur français lorsque j’étais étudiante à Sciences Po Paris en 2008. Il souhaitait développer sa collection et créer un fonds de dotation accompagnant des projets d’artistes en Afrique.

J’ai travaillé pour lui plusieurs années, puis j’ai entrepris un long voyage en 2012-2013, de 15 mois à travers 17 pays du continent, en passant d’ailleurs un long moment à Madagascar, afin d’explorer ces scènes artistiques qui m’intriguaient tant. J’ai tiré de ces rencontres avec des dizaines d’artistes et d’opérateurs culturels un livre, Une entreprise absurde.

À mon retour en 2013, j’ai rejoint l’équipe de Touria El Glaoui, qui lançait alors la foire 1-54 Contemporary African Art Fair à Londres. Son ambition de présenter à Londres, puis à New York et Marrakech dès les années suivantes, l’excellence et la diversité des scènes artistiques africaines – au sens large – et de soutenir ainsi leur valeur commerciale et institutionnelle a été déterminante dans mon parcours.

« J’ai rencontré Hassanein Hiridjee en 2020, qui était alors en pleine réflexion sur ce que pourrait être la Fondation H qu’il avait eu l’intuition – disons même l’urgence – de créer en 2017, et j’ai décidé de l’accompagner dans ce projet. » [...]